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June 17

Les neuf vies du Chat

Un vieux matou, mathématicien émérite mais fort distrait et incroyablement paresseux, somnolait à l’entrée d’un temple. De temps à autre, il entrouvrait un œil pour compter les mouches du voisinage et replongeait presque aussitôt dans sa douce léthargie.

Shiva vient à passer par là. Emerveillée par la grâce naturelle, toute féline, que l’animal avait conservée, malgré un embonpoint considérable dû à son oisiveté, le Seigneur des Mondes lui demanda :

-qui es tu et que sais tu faire ?

L’autre, sans même entrebaîller ses paupières, marmonna :

- je suis un vieux chat très savant, et je sais parfaitement compter.

- magnifique ! et jusqu’où peux tu compter ?

- mais voyons, je peux compter jusqu’à l’infini !

- dans ce cas, fais-moi plaisir. Compte pour moi, l’ami, compte…

Le chat s’étira, baîlla profondément, puis, avec une petite moue de dédain amusée, se mit à réciter :

- un… deux… trois… quatre…

Chaque chiffre était prononcé d’une voix plus murmurante et vague. A sept, le chat était à moitié endormi. A neuf, il ronflait carrément, âbimé dans un sommeil béat.

- puisque tu sais seulement compter jusqu’à neuf, décréta le grand Shiva, souverain des Sphères, je t’accorde neufs vies.

C’est ainsi que les chats disposèrent de neuf existences.

Mais Shiva, qui tait aussi un subtil philosophe, médita longuement. Le matou lui avait assuré qu’il pouvait compter jusqu’à l’infini. Certes, il s’était arrêté au chiffre neuf, puis s’était endormi. Or, le sommeil, sans nom, sans forme, sans pensée, n’est-il pas une fidèle préfiguration de l’infini ?

Alors Shiva compléta son décret : au bout de ses neuf vies le chat accéderait directement à la félicité suprême.

extrait de la sagesse des chats, Julia Deuley

May 07

la petite poule rousse

Il était une fois une petite poule rousse.
Elle vivait en compagnie d'un cochon, d'un canard et d'un chat dans
une petite maison dont elle faisait toujours soigeusement le ménage.
Les autres ne travaillaient jamais. Ils étaient toujours sur le point de
faire quelque chose, mais... ils étaient bien trop paresseux !
L
e cochon aimait se rouler dans la boue, le canard aimait nager dans
la mare et le chat aimait dormir au soleil, en ronronnant.
U
n jour, la petite poule rousse trouva un grain de blé.
- Qui va planter ce grain de blé ? demanda-t-elle.
- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.
A
lors la petite poule rousse choisit un joli coin de terre, le gratta avec
ses pattes et planta le grain de blé. Pendant l'été, le grain de blé poussa.
Ce fut d'abord un grand épi vert, puis il mûrit au soleil et devint d'une belle
couleur dorée.
- Qui va m'aider à couper le blé ? demanda la petite poule rousse.
- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.
- Très bien, alors je le couperai moi-même ! s'écria la petite poule rousse.
 

                       Elle coupa délicatement l'épi dont elle retira les grains un à un.
- Qui va emmener le blé au moulin pour le faire moudre ? demanda-t-elle.
- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.
Alors la petite poule rousse emporta elle-même le blé au moulin et
commanda au meunier de la farine.
L
e meunier envoya un petit sac de farine dans la maison où la petite
poule rousse vivait avec le cochon, le canard et le chat.
- Qui va m'aider à faire du pain avec cette farine ? demanda la petite poule.
- Pas moi ! grommela le cochon, caqueta le canard, ronronna le chat.
- Très bien, concéda la petite poule rousse. Je vais faire le pain moi-même.
E
lle transforma la farine en pâte. Elle pétrit cette pâte et la mit au four.
Une bonne odeur de pain chaud se répandit bientôt dans toute la maison et
envahit le jardin.
L
e cochon quitta sa flaque de boue, le canard sortit de sa mare et le chat
abandonna sa place au soleil. Ils vinrent tous dans la cuisine

Quand la petite poule rousse ouvrit le four, la pâte avait gonflé et était
devenue une miche de pain appétissante et croustillante.
- Qui va manger ce pain ? demanda la petite poule rousse.
- Moi ! grommela le cochon.
- Moi ! caqueta le canard.
- Moi ! ronronna le chat.

- Oh, non ! Pas vous ! s'écria la petite poule rousse. J'ai planté le grain,
j'ai coupé le blé, je l'ai porté au moulin pour avoir de la farine et j'ai cuit
le pain. J'ai tout fait toute seule. Eh bien, maintenant, je vais manger
la miche toute seule.
Le cochon, le chat et le canard restèrent là à regarder la petite poule
rousse qui mangea la miche de pain toute seule.
C'était délicieux et elle en profita jusqu'à la dernière miette !

April 22

La petite tulipe rose

II était une fois une petite tulipe qui vivait dans une sombre petite maison, tout en bas, sous la terre. Elle était là toute seule, et très tranquille dans l'obscurité et le silence. Un jour, elle entendit un petit tap, tap, tap, à la porte.
- Qui est là ? demanda-t-elle.
- C'est la pluie, qui voudrait entrer, dit voix triste et douce.
- Non, on n'entre pas, dit la petite tulipe.
Un ou deux jours après, elle entendit de nouveau le petit tap, tap, tap, à la porte.
- Qui est là ? dit-elle.
La même petite voix répondit :
- C'est la pluie, qui voudrait entrer.
- Non, non, on n'entre pas, dit la petite tulipe.
Et elle n'entendit plus rien pendant très, très longtemps. Après quoi, vint un son étrange, comme un bruissement, un chuchotement, ch, ch, tout près de la fenêtre.
- Qui est là? demanda la petite tulipe.
- C'est le soleil, dit une petite voix claire et gaie, c’est le soleil, qui voudrait entrer !
- N..., non, dit la petite tulipe; on n'entre pas !
Et elle se tint très tranquille.
Bientôt après, elle entendit encore le ch, ch, ch, à travers le trou de la serrure.
- Qui donc est là? dit-elle.
- C'est le soleil, dit la petite voix claire; ouvre-moi.
- Non, non, dit le petite tulipe; on n'entre pas.
Quelques jours plus tard, elle entendit : tap, tap. tap, à la fenêtre, et eh... ch... ch... par le trou de la serrure.
- Qui est là ? cria-t-elle.
- C'est la pluie et le soleil, la pluie et le soleil, crièrent ensemble les deux petites voix, et nous voulons entrer.
- Bon, bon, dit la petite tulipe, si vous êtes là tous les deux ensemble, il faut bien que je vous ouvre!
Elle ouvrit la porte, juste un tout petit peu, et ils se glissèrent tous les deux dans la maison. Et la pluie lui prit la main gauche, et le soleil lui prit la main droite, et ils l'entraînèrent avec eux, vite, vite, vite, jusqu'en haut, et là ils lui dirent :
- Passe la tête à travers la terre!
Elle passa la tête, et voilà, elle était au milieu d'un beau jardin. II n'y avait pas encore beaucoup d'autres fleurs, mais les oiseaux la saluèrent en chantant et les rayons du soleil réchauffèrent sa petite tête rose.
Et un peu après, quand les enfants arrivèrent, ils battirent des mains en la voyant, et crièrent :

- Tra, ri, ro ! le printemps est venu encore une fois !
Et la petite tulipe se sentit tout à fait heureuse.

FATA

February 20

les trois passoires

Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse.
Quelqu'un vient un jour trouver
le grand philosophe et lui dit:
"Sais-tu ce que je viens d'apprendre sur ton ami?
- Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j'aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires:
- Les trois passoires?
Mais oui, reprit Socrate. Avant de me raconter toutes
sortes de choses de choses sur les autres,
il est bon de prendre le temps de filtrer
ce que l'on aimerait dire. C'est ce que
j'appelle le test des trois passoires.
La première passoire est celle de la vérité.
As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai?
- Non. J'en ai simplement entendu parler...
- Très bien. Tu ne sais donc pas si c'est la vérité.
Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire,
celle de la bonté. Ce que tu veux m'apprendre sur mon ami,
est-ce quelque chose de bien?
- Ah non! Au contraire.
- Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n'es même pas certain si elles sont vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l'utilité. Est-il utile que tu m'apprennes ce que mon ami aurait fait?
- Non. Pas vraiment.
Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n'est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire?"

Socrate

January 20

le renard sans pattes

un jour, un paysan vit passer sur son chemin un renard sans pattes qui, à part ça, avait bonne mine.
"ça alors!, il faut que je sache comment il se débrouille pour trouver sa pitance, celui-là"
il le suit, il se met à ll'affut, il le voit se poster sur l'aire des repas du lion,. Et quand le lion, repu, s'en va roter plus loin, le renard vient lécher les os et grignoter les restes.
l'homme trouve à son goût l'idée de s'en remettre à ce genre de providence, décide de se placer à son tour au bon endroit et s'installe à mendier au coin d'une rue.
Mais rien ne vient.
Les jours passent; il s'affame, il maigrit, il s'affaiblit.
Quand un jour il entend grogner à son oreille: " pourquoi prends-tu la place d'un renard estropié ? Pourquoi ne pas être le lion ? les autres pourraient au moins profiter de tes restes !"
Marie FAUCHER
November 18

L'escargot et la fleur

Tigris, comme tous les escargots, espérait toujours la pluie.
Pas seulement pour le bien-être qu'elle lui procurait : il attendait la pluie car il était amoureux ! Amoureux... du
rouge de l'arc-en-ciel !

Cette couleur céleste, hélas inabordable, le ravissait, lui faisait voir la vie en rose, mettait du bleu dans son terne univers de petit-gris.

Un beau matin de mai, après la rosée, juste avant de rentrer dans sa coquille, Tigris leva machinalement les yeux vers le ciel et ô miracle ! Bien qu'il n'ait pas plu, le rouge était là, tout près de lui, enfin à sa portée, réel, charnel, matériel, sous la forme d'une fleur de coquelicot qui penchait amoureusement la tête vers lui.
Le gentil colimaçon sentit son petit cœur d'escargot accélérer lentement : son amour venait de prendre forme.

Fleur-bleue, Tigris voulut immédiatement monter déclarer sa flamme au rouge adoré et commença d'arrache-pied l'ascension de la tige barbulée soutenant la fleur de son cœur.
Il touchait presque au but quand, sous le poids de son soupirant, la tige du coquelicot s'inclina jusqu'au sol, obligeant notre petit escargot à lâcher pied.
Le limaçon ne perdit pas courage pour autant : il recommença... et rechuta.
Sept fois de suite il tenta de gravir son Everest, sept fois d'affilée, sur le point d'atteindre la félicité, il retomba lourdement sur le sol.
Si bien qu'à la septième chute, épuisé, il se retira dans sa coquille et s'assoupit sur place, remettant au lendemain ce qu'il n'avait pu faire le jour même.

Comment pouvait-il imaginer qu'il s'endormait dans le champ d'un coq ?

C'est un "toc toc toc" sur le toit de sa maison qui l'éveilla.
Tigris se hâta de sortir lentement la tête de sa coquille, leva timidement ses yeux protubérants en direction du bruit et là, nouveau miracle, il vit le rêve de sa vie, crête et barbillons écarlates, se pencher tendrement vers lui et l'engloutir d'amour.

Daniel Déjardin

October 22

La parabole des papillons

Un jour les papillons se réunirent, tourmentés par le désir de s'unir à la bougie.

 

Un premier papillon alla jusqu'au château lointain et il aperçut à l'intérieur la lumière d'une bougie.

Il revint, raconta ce qu'il avait vu.

Mais le sage papillon qui présidait la réunion dit que cela ne les avaait guère.

 

Un deuxième papillon alla plus près de la bougie.

Il toucha de ses ailes la flamme et la bougie fut victorieuse.

Il revint, les ailes brûlées, et raconta son voyage.

Mais le sage papillon lui dit: Ton explication n'est pas plus exacte.

 

Alors un troisième papillon se leva, ivre d'amour.

Il s'élaa sur ses pattes de derrière et se jeta violemment sur la flamme.

Ses membres devinrent rouges comme le feu.

Il s'identifia à la flamme.

 

Alors le sage papillon, qui avait regardé de loin, dit aux autres:

Il a appris ce qu'il voulait savoir.

Mais lui seul le comprend, et voila tout.

Fariduddin Attar dans le Mantic Uttaïr

October 06

Les deux loups intérieurs

 
Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s'était montré injuste envers lui : " Laisse-moi te raconter une histoire...
Il m'arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n'en éprouvent aucun regret. Mais la haine t'épuise, et ne blesse pas ton ennemi.
C'est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J'ai souvent combattu ces sentiments" 
Il continua :
 
" C'est comme si j'avais deux loups à l'intérieur de moi; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste.
Mais l'autre loup, ahhhh...! Il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien.

Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit."
Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda :
" Lequel des deux loups l'emporte, grand-père ?"
Le grand-père sourit et répondit doucement :
"Celui que je nourris."
 
August 30

le paquet d'eau

Dans un village, vivait un vieux appelé Mancodji. Il avait une fille nommée Inguéré,  la plus belle du village. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, de nombreux jeunes et même des vieux riches se présentèrent comme candidats mais le vieux Mancodji N'entendait pas confier sa fille chérie à n'importe qui.

Il demanda à chacun des prétendants de lui rapporter des paquets d’eau. Il donnerait sa fille à celui qui lui ramenera un beau paquet d'eau. La nouvelle se répandit dans le village voisin. Le vieux Mancodji réclamait des paquets d'eau !! Où avait-il déjà vu des paquets d'eau ? Décidement, ce vieillard ne voulait pas marier sa fille, il demandait l'impossible. " Eh bien qu'il la garde, sa fille !! " dirent de nombreux prétendants, dépités par les exigences de Mancodji. Ainsi, nombre de gens reculèrent devant les difficultés que faisait ce vieux Mancodji.

Mais, un jour un prétendant, appelé Tamari,  demanda la fille en mariage. Tamari était intelligent et vif. Il approcha le vieil homme.

- " Tu sais ce que je demande en échange de la main de ma fille...tu devras m'apporter avant le coucher du soleil un paquet d'eau. C'est tout." commença le vieux Mancodji.

-" Père,..." repondit Tamari. " J'ai tant de respect pour toi que ton paquet d'eau ne peut être lié qu'avec une ficelle qui t'appartienne. Donne moi une ficelle faite avec de la fumée provenant de ta pipe et je la nouerai autour du paquet d'eau que j'ai dans ma poche ".

Le vieux sourit, alluma sa pipe et fuma. Il avait compris. Il donna sa fille à Tamari-le-rusé et ils vécurent heureux. 

Voyajes ã 1999 Serge M'BRA

July 24

Bonne ou mauvaise chose ?

Un fermier reçoit en cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient vers lui et lui dit : « Vous avez beaucoup de chance. Ce n'est pas à moi que quelqu'un offrirait un aussi beau cheval blanc ! » Le fermier répond : « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose... »

Plus tard, le fils du fermier monte le cheval et celui-ci rue et éjecte son cavalier. Le fils du fermier se brise la jambe.

« Oh ! quelle horreur ! dit le voisin. Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément celui qui vous a offert le cheval l'a fait exprès, pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie ! »

Le fermier ne semble pas gêné outre mesure. « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose », lance-t-il.

Là-dessus la guerre éclate et tous les jeunes sont mobilisés, sauf le fils du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit : « Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance. » Le fermier alors répond : « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. »

Edmond Wells,
Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, tome IV. 

May 04

a la découverte du nouveau monde

Il était une fois une famille de pigeons qui vivait dans ce qu’ils croyaient être le plus bel endroit du monde. Jamais ils n’avaient même pensé aller voir plus loin, voir de nouveaux mondes qu’ils se contentaient seulement de regarder de loin.  Tout ceci jusqu’au jour où Jako demanda aux autres ce qu’il y avait là bas, au loin.

-Rien d’intéressant avaient répondu les autres.
-Y êtes-vous déjà allé? poursuivit Jako.
-Non, mais ce n’est pas nécessaire.  Regarde par toi-même, tu vois bien que c’est moche.  De tous petits arbres, de toutes petites montagnes insignifiantes, de tous petits oiseaux de rien du tout dans le ciel.

Jako n’était pas convaincu.  Il ne pouvait pas croire que son monde soit le seul à être beau.  Oui c’était vrai, de loin ce nouveau monde ne semblait pas très rigolo, mais peut-être qu’en s’approchant…

C’est ainsi que Jako entrepris de se rapprocher de monde inconnu afin de pouvoir mieux le connaître, le découvrir.

Plus Jako s’approchait, plus il pouvait voir des choses intéressantes, des choses qu’on ne pouvait pas distinguer de loin.

Il découvrit non seulement que ce nouveau monde était rempli de beaux trésors, tout comme le sien d’ailleurs, mais qu’aussi il en renfermait d’autres qu’il n’aurait jamais soupçonnés de loin!

Fort heureux de ses découvertes, Jako retourna dans son pays pour faire apprécier à tout le monde ce qu’il avait découvert.

Il réussit à convaincre un à un les pigeons de s’approcher du nouveau monde afin de découvrir les beautés qui leur avaient tous échappées au premier coup d’œil.

Et bien voyez-vous, depuis ce premier voyage, Jako continua de s’approcher des nouveaux mondes afin de mieux les connaître et refusa toujours de se faire une idée de ce qu'il voyait seulement en le regardant de loin.  Il savait trop bien qu’on ne peut pas vraiment connaître un nouveau monde en l’observant de loin.

April 13

L’homme et les animaux

L’homme et les animaux

Autrefois l’homme habitait dans le même village que les grandes bêtes, l’éléphant, le lion, le léopard, le singe et il n’y était pas la maître. Ces qutre bêtes allaient à la chasse dans la brousse quotidiennement et en rapportaient à manger pour tous, mais l’homme, chaque fois qu’il allait à la chasse, ne rapportait rien ou pas grand chose. Un jour les animaux se réunirent et dirent à l’homme : " Tu n’attrapes jamais rien, tandis que nous tuons des bêtes. Si tu continues à ne rien rapporter, tu ne mangeras plus avec nous. 
 Bon ", dit l’homme. Le lendemain il partit à la chasse avec son arc et ses flèches qu’il avait jusque-là cachées soigneusement de peur que s’ils ne voyaient ces armes les animaux ne le tuassent. Il attrapa et rapporta une biche. Quand les animaux virent cela, ils s’étonnèrent et lui demandèrent comment il avait tué la biche. " J’ai ma manière, dit l’homme, mais je ne vous le dirai pas. " Les animaux s’adressèrent au singe : " Suis-le dans la brousse quand il partira demain et vois comment il fait pour tuer les biches. Ensuite tu nous le diras. " Ainsi fut fait. L’homme tira une flèche de son carquois et l’ajusta à son arc. Le singe monta dans un arbre pour mieux observer. Quand l’homme banda l’arc et lança la flêche, la biche fut tuée. Le singe descendit aussitôt de son arbre et regagna en courant le village : " Cet homme est vraiment redoutable, dit-il aux animaux. Quand il tend son bras vers quelqu’un ce quelqu’un tombe mort ! " L’homme rapporta la biche sur son dos mais quand il leva le bras pour la saisir et la jeter à terre, tous les animaux crurent qu’il voulait tendre le bras vers eux pour les tuer et s’enfuirent. A partir de ce jou-là les grands animaux ne quittèrent plus la brousse et l’homme commande désormais le village.

Conte burkinabé

March 05

La petite fleur

Il était une fois une petite fleur de montagne qui n'avait pas d'amies.

Elle était si petite, si modeste et si pâle qu'elle n'attirait ni le regard ni la sympathie des autres végétaux. Elle vivait, tête baissée, comme une pénitente dans un confessionnal.

Il faut dire que, chez les plantes comme chez les humains, on ne s'intéresse bien aux autres que s'ils peuvent être utiles ou s'ils ont quelques chose à offrir : le lierre aime les arbres qui l'aident à s'élever, le gui aime la branche qui le nourrit et le rapproche des oiseaux semeurs de graines, les fleurs aiment le vent qui disperse leur pollen et les insectes qui les fécondent.

Mais notre petite fleur en peine d'amitié n'avait hélas rien à offrir.
Elle enviait le parfum suave du lilas ou du muguet, l'élégance de la tulipe et de la rose, la vive couleur des jonquilles, la paresse ensommeillée des colchiques, l'aristocratie des orchidées.
Les soucis l'accablaient, les pensées ne pensaient pas à elle et, contrairement à ceux de la reine-marguerite, ses six pauvres pétales ne plaisaient même pas aux amoureux à qui elle annonçait toujours le désamour.

Les herbes des prés, qui poussaient plus vite qu'elle, la masquaient trop rapidement aux yeux fureteurs des abeilles pollinisatrices que son pauvre parfum et sa couleur trop pâle n'attiraient pas et, sans leur aide, avait bien du mal à donner naissance aux bébés-graines de sa survie.

Aussi, année après année, pour tenter de devancer la pousse exubérante des herbes folles, elle avait pris l'habitude de se réveiller de plus en plus tôt, et même un jour, elle décida, au grand dam de la nature tout entière qui pensait que cela ne se faisait pas, elle décida donc de pousser sous la neige !

Alors, quand le premier soleil de février commença à dissiper les nuages et à fondre le blanc manteau des basses pentes de la montagne, elle offrit aux yeux incrédules des abeilles affamées le charme et le pollen de la première fleur de l'année.

Les humains de la vallée, étonnés de découvrir une fleur en carême et de ravis de croire au printemps en plein cœur de l'hiver s'intéressèrent enfin à elle et, faute d'imagination probablement, l'appelèrent... perce-neige !

Daniel Déjardin

 

February 18

les 7 MOI

Les sept moi
Alors Almitra parla, disant, Nous voudrions maintenant vous questionner sur la Mort.
Et il dit : Vous voudriez connaître le secret de la mort. Mais comment le trouverez-vous sinon en le cherchant dans le cœur de la vie ?
La chouette dont les yeux faits pour la nuit sont aveugles au jour ne peut dévoiler le mystère de la lumière.
Si vous voulez vraiment contempler l'esprit de la mort, ouvrez amplement votre cœur au corps de la vie. Car la vie et la mort sont un, de même que le fleuve et l'océan sont un.
Dans la profondeur de vos espoirs et de vos désirs repose votre silencieuse connaissance de l'au-delà;
Et tels des grains rêvant sous la neige, votre cœur rêve au printemps.
Fiez-vous aux rêves, car en eux est cachée la porte de l'éternité.
Votre peur de la mort n'est que le frisson du berger lorsqu'il se tient devant le roi dont la main va se poser sur lui pour l'honorer.
Le berger ne se réjouit-il pas sous son tremblement, de ce qu'il portera l'insigne du roi ?
Pourtant n'est-il pas plus conscient de son tremblement ?
Car qu'est-ce que mourir sinon se tenir nu dans le vent et se fondre dans le soleil?
Et qu'est-ce que cesser de respirer, sinon libérer le souffle de ses marées inquiètes, pour qu'il puisse s'élever et se dilater et rechercher Dieu sans entraves ?
C'est seulement lorsque vous boirez à la rivière du silence que vous chanterez vraiment.
Et quand vous aurez atteint le sommet de la montagne, vous commencerez enfin à monter.
Et lorsque la terre réclamera vos membres, alors vous danserez vraiment.

Khalil Gibran : " Le prophète "

January 20

Les trois fils et la vérité

Le Royaume de Sabou avait un puissant chef du nom de Moro. Non seulement Moro était puissant mais en plus il était détenteur du sceptre de Viziok, un bâton magique permettant de diriger la foudre. Un jour, Moro sentit la fin de sa vie arriver. Il fit venir ses enfants afin de leur parler : - Mes fils, écoutez-moi ! Je suis devenu faible, il faut que le plus courageux d’entre vous me remplace. Pour que je choisisse mon successeur, il faut que chacun me conte son œuvre la plus fantastique. Le premier de ses fils pris alors la parole : - Père, tu te souviens lorsque les envahisseurs ont attaqué notre Royaume. Moi seul les ai combattus et les ai mis en déroute avec pour seule arme mes mains alors qu’ils étaient fortement armés et nombreux. Le deuxième fils parla à son tour : - Père, tu te souviens lorsque les lions de la grande forêt ont attaqué notre peuple. Moi seul ai osé les combattre et les ai mis à mort avec comme seul arme mes poings. Ce fut alors au tour du troisième enfant de Moro : - Il est vrai que nous avons été attaqués par des envahisseurs et par des lions. Moi, je ne les ai pas combattus seul et ni avec mes mains. J’ai pris mes meilleures armes et appelé l’armée ce qui a permis de vaincre les lions et de repousser nos agresseurs. Le vieux chef, après l’audition de ses trois enfants réfléchit pendant longtemps et déduit que l’enfant le plus courageux était celui qui avait dit la vérité c’était à dire son troisième fils. Moro l’appela et lui dit : - Puisque tu as dit la vérité, tu es le plus courageux. Je te remets le sceptre de Viziok qui te permettra de diriger le royaume de Sabou une fois ma fin venue.

Ses deux autres enfants apprirent alors à leurs dépens que dire la vérité est souvent l’acte le plus courageux qui existe en ce monde.

January 07

le serpent et la grenouille

Un jour, un serpent et une grenouille se rencontrèrent.
- Où allez-vous ainsi, vénérable frère ? demanda la grenouille.
Le serpent répondit avec colère :
- Je vais tout droit mon chemin.
Le serpent n'ajouta rien, mais la grenouille, qui était très curieuse et très bavarde, demanda encore :
- Pourquoi changez-vous de peau de temps en temps ?
- Pour me faire beau, grogna le serpent.
- Et pourquoi remuez-vous la queue comme si vous étiez en colère ? reprit l'imprudente grenouille. Pourquoi votre langue s'allonge-t-elle comme une flèche ? Pourquoi jetez-vous la tête en avant, comme pour effrayer les gens ? Et pourquoi rampez-vous sur le ventre tout le long de l'année ?
Le serpent trouva ces questions fort impertinentes. Il se tourna vers la grenouille en disant :
- Et vous, pourquoi vos yeux sont-ils à fleur de tête ?
- Parce que je suis une grenouille de la plus belle espèce, dit-elle.
- Et pourquoi tenez-vous la bouche si grande ouverte ?
- Parce que j'ai toujours des messages à porter, et que je prends part à beaucoup de conversations.
- Et que faites-vous tout le long du jour ?
- Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? "
- Eh bien ! je vais vous faire voir qui je suis! dit le serpent et, ouvrant la bouche, il avala la pauvre grenouille.
 
conte malgache
December 22

Les 3 vœux

 

Un jour, un homme rencontre une fée sur le bord du chemin.
Sans qu'il lui demanda rien, cette dernière lui propose d’exhausser trois de ses souhaits.

L’homme réfléchit et dit :
« En guise de premier vœu,  j'aimerais avoir toute l’intelligence et la sagesse nécessaires pour choisir avec discernement mes deux prochains vœux.
- Très bien, dit la fée en agitant sa baguette magique, tu es exhaussé ! Maintenant que souhaites-tu ?
- Plus rien, dit l’homme.
Et il passe son chemin...

 

Hanavaho

November 22

carte postale

voyager:
ouvrir les ailes contre le vent,
boucler la valise
un plaisir secret
un peu de peur
un bouquet de violettes et l'insomnie
la lampe allumée.
 
dire adieu à ce que tu laisses
et le baiser reçu à l'arrivée a un autre visage:
couleurs d'un nouveau domicile
la silhouette d'autres arbres
des sons différents surprise de la pluie.
la carte postale que tu n'envoies jamais
la lumière de janvier ou de novembre
la route vue du ciel
l'angoisse dans un bûcher
scènes éparses
rassemblées
le murmure du feuillage au souvenir.
 
voyager c'est déménager de soi-même
serrer d'autres mains
occulter le silence
répondre aux armes qui saluent.
sourire à la vie qui commence
s'éloigner d'un côté
et se rapprocher de l'autre
le regard enflammé.
Luz Mary Giraldo
la colombie en poêmes
November 08

Comment le ciel est devenu grand.

C’était il y a longtemps… lorsque les hommes avaient un gros problème ;  le ciel était trop bas.

Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages. Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser. Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S’ils essayaient, ils se heurtaient aux arbres et aux nuages.

Mais ce qui était plus pénible encore, c’était que le hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leur corps le leur demandait. Ils devaient marcher tout penché, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient.

Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient petits, Ils pouvaient se lever aussi droits qu’ils le souhaitaient. Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient voir où ils allaient.

Ils savaient par contre qu’un jour, ils deviendraient des adultes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe.

Un soir, tous les enfants se sont réunis et ils ont décidé de relever le ciel. Les quelques adultes qui les écoutaient riaient sous cape mais soudain, ils ont vu les enfants lever de longs poteaux vers le ciel. Un, deux, trois, quatre…un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh.

Mais rien ne se passe. Le ciel reste comme il a toujours été. Les arbres ne peuvent toujours pas grandir. Les oiseaux ne peuvent toujours pas voler. Il n’y a toujours pas de place pour les nuages et les adultes marchent toujours courbés en regardant leurs pieds sans voir où ils vont.

Le lendemain, les enfants recommencent avec des poteaux plus longs. Un, deux, trois, quatre…un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passe.

Le soir suivant, les enfants qui sont persévérants essayent encore. Ils prennent des poteaux encore plus longs. Un, deux, trois, quatre…un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passe.

Le quatrième soir, ils ont trouvé de très très très longs poteaux, les plus longs qu'ils pouvaient trouver et ils se sont mis à compter :  un, deux, trois, quatre…un cri énorme a retentit - unnn-uhhhhhh et le ciel s’est soulevé.

Depuis ce jour, le ciel est à sa place. Les arbres peuvent pousser, les oiseaux peuvent voler sans se heurter aux troncs et aux branches. Les nuages ont de la place pour aller et venir et les hommes peuvent se tenir droit en regardant le ciel.

Mais le plus extraordinaire c’est que lorsque le soleil s’est couché la nuit suivante et qu’il a commencé à faire sombre, le ciel troué par les poteaux des enfants s’est mis à scintiller. Dans chaque trou, il y avait une étoile.

La prochaine fois que vous regarderez le ciel, vous saurez que c’est grâce aux enfants que vous pouvez admirer un tel spectacle. Vous repenserez de cette histoire et vous saurez que c'était vrai.

 

conte apache

 

November 02

LE PAPILLON

Un homme a trouvé un jour un cocon de chenille et a décidé de l'apporter chez lui. Quelques jours plus tard, une petite ouverture est apparue. L'homme s'est assis et a observé pendant plusieurs heures le papillon se débattre de toutes ses forces afin de sortir de son cocon.
Au bout d'un certain temps, le papillon ne bougeait presque plus. Comme s'il avait donné son maximum et qu'il n'avait plus rien à faire. L'homme a décidé alors d'aider le papillon. Il a pris une paire de ciseaux et a coupé le reste du cocon.
Le papillon est sorti alors facilement de son cocon, le corps du papillon était enflé et petit, et ses ailes étaient toutes ratatinées. L'homme continuait alors d'observer le papillon et s'attendait à ce qu'il ouvre tout grand ses ailes et commence à voler, rien de cela ne se passait. En fait, le papillon a passé le reste de sa vie à ramper avec son corps enflé et ses ailes déformées. Il n'a jamais été capable de voler.
Ce que l'homme avec sa gentillesse et son empressement n'avait pas compris, c'est que la lutte que le papillon devait effectuer pour sortir de son cocon était essentielle à son développement. En luttant ainsi de toutes ses forces, les fluides de son corps se seraient répartis dans ses ailes et, compte tenu du temps qu'il lui fallait pour crever son cocon par lui-même et déployer ses ailes, le papillon aurait été alors en mesure de voler et de se libérer une fois pour toutes de son cocon.
Par analogie avec notre existence, les obstacles que la vie met sur notre chemin son exactement ce dont nous avons besoin pour grandir. La lutte qu'on éprouve sur le chemin de la réussite personnelle fait partie intégrante du prix qu'on doit payer pour réaliser notre plein potentiel. Si nous devions passer au travers de la vie sans obstacles, nous serions certainement tout rabougris, comme le papillon de notre histoire. Nous ne serions pas aussi forts que nous pourrions l'être et nous ne pourrions jamais voler, nous non plus, vers l'accomplissement de nos rêves.

Patrick Leroux