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June 17 Les neuf vies du ChatUn vieux matou, mathématicien émérite mais fort distrait et incroyablement paresseux, somnolait à l’entrée d’un temple. De temps à autre, il entrouvrait un œil pour compter les mouches du voisinage et replongeait presque aussitôt dans sa douce léthargie. Shiva vient à passer par là. Emerveillée par la grâce naturelle, toute féline, que l’animal avait conservée, malgré un embonpoint considérable dû à son oisiveté, le Seigneur des Mondes lui demanda : -qui es tu et que sais tu faire ? L’autre, sans même entrebaîller ses paupières, marmonna : - je suis un vieux chat très savant, et je sais parfaitement compter. - magnifique ! et jusqu’où peux tu compter ? - mais voyons, je peux compter jusqu’à l’infini ! - dans ce cas, fais-moi plaisir. Compte pour moi, l’ami, compte… Le chat s’étira, baîlla profondément, puis, avec une petite moue de dédain amusée, se mit à réciter : - un… deux… trois… quatre…
Chaque chiffre était prononcé d’une voix plus murmurante et vague. A sept, le chat était à moitié endormi. A neuf, il ronflait carrément, âbimé dans un sommeil béat. - puisque tu sais seulement compter jusqu’à neuf, décréta le grand Shiva, souverain des Sphères, je t’accorde neufs vies.
C’est ainsi que les chats disposèrent de neuf existences. Mais Shiva, qui tait aussi un subtil philosophe, médita longuement. Le matou lui avait assuré qu’il pouvait compter jusqu’à l’infini. Certes, il s’était arrêté au chiffre neuf, puis s’était endormi. Or, le sommeil, sans nom, sans forme, sans pensée, n’est-il pas une fidèle préfiguration de l’infini ? Alors Shiva compléta son décret : au bout de ses neuf vies le chat accéderait directement à la félicité suprême. extrait de la sagesse des chats, Julia Deuley May 07 la petite poule rousse
Il était une fois une petite poule rousse. Elle coupa délicatement l'épi dont elle retira les grains un à un. Quand la petite poule rousse ouvrit le four, la pâte avait gonflé et était April 22 La petite tulipe roseII était une fois une petite tulipe qui vivait dans une sombre petite maison, tout en bas, sous la terre. Elle était là toute seule, et très tranquille dans l'obscurité et le silence. Un jour, elle entendit un petit tap, tap, tap, à la porte. FATA February 20 les trois passoiresSocrate avait, dans la Grèce antique, une haute opinion de la sagesse. Socrate January 20 le renard sans pattesun jour, un paysan vit passer sur son chemin un renard sans pattes qui, à part ça, avait bonne mine.
"ça alors!, il faut que je sache comment il se débrouille pour trouver sa pitance, celui-là"
il le suit, il se met à ll'affut, il le voit se poster sur l'aire des repas du lion,. Et quand le lion, repu, s'en va roter plus loin, le renard vient lécher les os et grignoter les restes.
l'homme trouve à son goût l'idée de s'en remettre à ce genre de providence, décide de se placer à son tour au bon endroit et s'installe à mendier au coin d'une rue.
Mais rien ne vient.
Les jours passent; il s'affame, il maigrit, il s'affaiblit.
Quand un jour il entend grogner à son oreille: " pourquoi prends-tu la place d'un renard estropié ? Pourquoi ne pas être le lion ? les autres pourraient au moins profiter de tes restes !"
Marie FAUCHER November 18 L'escargot et la fleurTigris, comme tous les escargots, espérait toujours la pluie. Cette couleur céleste, hélas inabordable, le ravissait, lui faisait voir la vie en rose, mettait du bleu dans son terne univers de petit-gris. Un beau matin de mai, après la rosée, juste avant de rentrer dans sa coquille, Tigris leva machinalement les yeux vers le ciel et ô miracle ! Bien qu'il n'ait pas plu, le rouge était là, tout près de lui, enfin à sa portée, réel, charnel, matériel, sous la forme d'une fleur de coquelicot qui penchait amoureusement la tête vers lui. Fleur-bleue, Tigris voulut immédiatement monter déclarer sa flamme au rouge adoré et commença d'arrache-pied l'ascension de la tige barbulée soutenant la fleur de son cœur.
Comment pouvait-il imaginer qu'il s'endormait dans le champ d'un coq ? C'est un "toc toc toc" sur le toit de sa maison qui l'éveilla.
Daniel DéjardinOctober 22 La parabole des papillonsUn jour les papillons se réunirent, tourmentés par le désir de s'unir à la bougie.
Un premier papillon alla jusqu'au château lointain et il aperçut à l'intérieur la lumière d'une bougie. Il revint, raconta ce qu'il avait vu. Mais le sage papillon qui présidait la réunion dit que cela ne les avançait guère.
Un deuxième papillon alla plus près de la bougie. Il toucha de ses ailes la flamme et la bougie fut victorieuse. Il revint, les ailes brûlées, et raconta son voyage. Mais le sage papillon lui dit: Ton explication n'est pas plus exacte.
Alors un troisième papillon se leva, ivre d'amour. Il s'élança sur ses pattes de derrière et se jeta violemment sur la flamme. Ses membres devinrent rouges comme le feu. Il s'identifia à la flamme.
Alors le sage papillon, qui avait regardé de loin, dit aux autres: Il a appris ce qu'il voulait savoir. Mais lui seul le comprend, et voila tout.
Fariduddin Attar dans le Mantic Uttaïr October 06 Les deux loups intérieursUn homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère contre un ami qui s'était montré injuste envers lui : " Laisse-moi te raconter une histoire... Il m'arrive aussi, parfois, de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n'en éprouvent aucun regret. Mais la haine t'épuise, et ne blesse pas ton ennemi. C'est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J'ai souvent combattu ces sentiments" Il continua : " C'est comme si j'avais deux loups à l'intérieur de moi; le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste.
Mais l'autre loup, ahhhh...! Il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère, et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi, parce que tous deux veulent dominer mon esprit." Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda : " Lequel des deux loups l'emporte, grand-père ?" Le grand-père sourit et répondit doucement : "Celui que je nourris." August 30 le paquet d'eauDans un village, vivait un vieux appelé Mancodji. Il avait une fille nommée Inguéré, la plus belle du village. Lorsqu’elle fut en âge de se marier, de nombreux jeunes et même des vieux riches se présentèrent comme candidats mais le vieux Mancodji N'entendait pas confier sa fille chérie à n'importe qui.
Il demanda à chacun des prétendants de lui rapporter des paquets d’eau. Il donnerait sa fille à celui qui lui ramenera un beau paquet d'eau. La nouvelle se répandit dans le village voisin. Le vieux Mancodji réclamait des paquets d'eau !! Où avait-il déjà vu des paquets d'eau ? Décidement, ce vieillard ne voulait pas marier sa fille, il demandait l'impossible. " Eh bien qu'il la garde, sa fille !! " dirent de nombreux prétendants, dépités par les exigences de Mancodji. Ainsi, nombre de gens reculèrent devant les difficultés que faisait ce vieux Mancodji. Mais, un jour un prétendant, appelé Tamari, demanda la fille en mariage. Tamari était intelligent et vif. Il approcha le vieil homme. - " Tu sais ce que je demande en échange de la main de ma fille...tu devras m'apporter avant le coucher du soleil un paquet d'eau. C'est tout." commença le vieux Mancodji. -" Père,..." repondit Tamari. " J'ai tant de respect pour toi que ton paquet d'eau ne peut être lié qu'avec une ficelle qui t'appartienne. Donne moi une ficelle faite avec de la fumée provenant de ta pipe et je la nouerai autour du paquet d'eau que j'ai dans ma poche ". Le vieux sourit, alluma sa pipe et fuma. Il avait compris. Il donna sa fille à Tamari-le-rusé et ils vécurent heureux.
July 24 Bonne ou mauvaise chose ?Un fermier reçoit en cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient vers lui et lui dit : « Vous avez beaucoup de chance. Ce n'est pas à moi que quelqu'un offrirait un aussi beau cheval blanc ! » Le fermier répond : « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose... » Plus tard, le fils du fermier monte le cheval et celui-ci rue et éjecte son cavalier. Le fils du fermier se brise la jambe. « Oh ! quelle horreur ! dit le voisin. Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément celui qui vous a offert le cheval l'a fait exprès, pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie ! » Le fermier ne semble pas gêné outre mesure. « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose », lance-t-il. Là-dessus la guerre éclate et tous les jeunes sont mobilisés, sauf le fils du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit : « Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance. » Le fermier alors répond : « Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose. » Edmond Wells, May 04 a la découverte du nouveau mondeIl était une fois une famille de pigeons qui vivait dans ce qu’ils croyaient être le plus bel endroit du monde. Jamais ils n’avaient même pensé aller voir plus loin, voir de nouveaux mondes qu’ils se contentaient seulement de regarder de loin. Tout ceci jusqu’au jour où Jako demanda aux autres ce qu’il y avait là bas, au loin.
-Rien d’intéressant avaient répondu les autres. Jako n’était pas convaincu. Il ne pouvait pas croire que son monde soit le seul à être beau. Oui c’était vrai, de loin ce nouveau monde ne semblait pas très rigolo, mais peut-être qu’en s’approchant… C’est ainsi que Jako entrepris de se rapprocher de monde inconnu afin de pouvoir mieux le connaître, le découvrir. Plus Jako s’approchait, plus il pouvait voir des choses intéressantes, des choses qu’on ne pouvait pas distinguer de loin. Il découvrit non seulement que ce nouveau monde était rempli de beaux trésors, tout comme le sien d’ailleurs, mais qu’aussi il en renfermait d’autres qu’il n’aurait jamais soupçonnés de loin! Fort heureux de ses découvertes, Jako retourna dans son pays pour faire apprécier à tout le monde ce qu’il avait découvert. Il réussit à convaincre un à un les pigeons de s’approcher du nouveau monde afin de découvrir les beautés qui leur avaient tous échappées au premier coup d’œil. Et bien voyez-vous, depuis ce premier voyage, Jako continua de s’approcher des nouveaux mondes afin de mieux les connaître et refusa toujours de se faire une idée de ce qu'il voyait seulement en le regardant de loin. Il savait trop bien qu’on ne peut pas vraiment connaître un nouveau monde en l’observant de loin. April 13 L’homme et les animauxL’homme et les animaux
Autrefois l’homme habitait dans le même village que les grandes bêtes, l’éléphant, le lion, le léopard, le singe et il n’y était pas la maître. Ces qutre bêtes allaient à la chasse dans la brousse quotidiennement et en rapportaient à manger pour tous, mais l’homme, chaque fois qu’il allait à la chasse, ne rapportait rien ou pas grand chose. Un jour les animaux se réunirent et dirent à l’homme : " Tu n’attrapes jamais rien, tandis que nous tuons des bêtes. Si tu continues à ne rien rapporter, tu ne mangeras plus avec nous. Conte burkinabé March 05 La petite fleurIl était une fois une petite fleur de montagne qui n'avait pas d'amies. Elle était si petite, si modeste et si pâle qu'elle n'attirait ni le regard ni la sympathie des autres végétaux. Elle vivait, tête baissée, comme une pénitente dans un confessionnal. Il faut dire que, chez les plantes comme chez les humains, on ne s'intéresse bien aux autres que s'ils peuvent être utiles ou s'ils ont quelques chose à offrir : le lierre aime les arbres qui l'aident à s'élever, le gui aime la branche qui le nourrit et le rapproche des oiseaux semeurs de graines, les fleurs aiment le vent qui disperse leur pollen et les insectes qui les fécondent. Mais notre petite fleur en peine d'amitié n'avait hélas rien à offrir. Les herbes des prés, qui poussaient plus vite qu'elle, la masquaient trop rapidement aux yeux fureteurs des abeilles pollinisatrices que son pauvre parfum et sa couleur trop pâle n'attiraient pas et, sans leur aide, avait bien du mal à donner naissance aux bébés-graines de sa survie. Aussi, année après année, pour tenter de devancer la pousse exubérante des herbes folles, elle avait pris l'habitude de se réveiller de plus en plus tôt, et même un jour, elle décida, au grand dam de la nature tout entière qui pensait que cela ne se faisait pas, elle décida donc de pousser sous la neige ! Alors, quand le premier soleil de février commença à dissiper les nuages et à fondre le blanc manteau des basses pentes de la montagne, elle offrit aux yeux incrédules des abeilles affamées le charme et le pollen de la première fleur de l'année. Les humains de la vallée, étonnés de découvrir une fleur en carême et de ravis de croire au printemps en plein cœur de l'hiver s'intéressèrent enfin à elle et, faute d'imagination probablement, l'appelèrent... perce-neige ! Daniel Déjardin
February 18 les 7 MOILes sept moi Khalil Gibran : " Le prophète " January 20 Les trois fils et la vérité
Le Royaume de Sabou avait un puissant chef du nom de Moro. Non seulement Moro était puissant mais en plus il était détenteur du sceptre de Viziok, un bâton magique permettant de diriger la foudre. Un jour, Moro sentit la fin de sa vie arriver. Il fit venir ses enfants afin de leur parler : - Mes fils, écoutez-moi ! Je suis devenu faible, il faut que le plus courageux d’entre vous me remplace. Pour que je choisisse mon successeur, il faut que chacun me conte son œuvre la plus fantastique. Le premier de ses fils pris alors la parole : - Père, tu te souviens lorsque les envahisseurs ont attaqué notre Royaume. Moi seul les ai combattus et les ai mis en déroute avec pour seule arme mes mains alors qu’ils étaient fortement armés et nombreux. Le deuxième fils parla à son tour : - Père, tu te souviens lorsque les lions de la grande forêt ont attaqué notre peuple. Moi seul ai osé les combattre et les ai mis à mort avec comme seul arme mes poings. Ce fut alors au tour du troisième enfant de Moro : - Il est vrai que nous avons été attaqués par des envahisseurs et par des lions. Moi, je ne les ai pas combattus seul et ni avec mes mains. J’ai pris mes meilleures armes et appelé l’armée ce qui a permis de vaincre les lions et de repousser nos agresseurs. Le vieux chef, après l’audition de ses trois enfants réfléchit pendant longtemps et déduit que l’enfant le plus courageux était celui qui avait dit la vérité c’était à dire son troisième fils. Moro l’appela et lui dit : - Puisque tu as dit la vérité, tu es le plus courageux. Je te remets le sceptre de Viziok qui te permettra de diriger le royaume de Sabou une fois ma fin venue. Ses deux autres enfants apprirent alors à leurs dépens que dire la vérité est souvent l’acte le plus courageux qui existe en ce monde. January 07 le serpent et la grenouilleUn jour, un serpent et une grenouille se rencontrèrent.
- Où allez-vous ainsi, vénérable frère ? demanda la grenouille. Le serpent répondit avec colère : - Je vais tout droit mon chemin. Le serpent n'ajouta rien, mais la grenouille, qui était très curieuse et très bavarde, demanda encore : - Pourquoi changez-vous de peau de temps en temps ? - Pour me faire beau, grogna le serpent. - Et pourquoi remuez-vous la queue comme si vous étiez en colère ? reprit l'imprudente grenouille. Pourquoi votre langue s'allonge-t-elle comme une flèche ? Pourquoi jetez-vous la tête en avant, comme pour effrayer les gens ? Et pourquoi rampez-vous sur le ventre tout le long de l'année ? Le serpent trouva ces questions fort impertinentes. Il se tourna vers la grenouille en disant : - Et vous, pourquoi vos yeux sont-ils à fleur de tête ? - Parce que je suis une grenouille de la plus belle espèce, dit-elle. - Et pourquoi tenez-vous la bouche si grande ouverte ? - Parce que j'ai toujours des messages à porter, et que je prends part à beaucoup de conversations. - Et que faites-vous tout le long du jour ? - Le soir je chante. A minuit j'appelle : " Qui va là ? ". Le matin, je crie : " Qui êtes-vous ? " - Eh bien ! je vais vous faire voir qui je suis! dit le serpent et, ouvrant la bouche, il avala la pauvre grenouille. conte malgache December 22 Les 3 vœux
November 22 carte postalevoyager:
ouvrir les ailes contre le vent,
boucler la valise
un plaisir secret
un peu de peur
un bouquet de violettes et l'insomnie
la lampe allumée.
dire adieu à ce que tu laisses
et le baiser reçu à l'arrivée a un autre visage:
couleurs d'un nouveau domicile
la silhouette d'autres arbres
des sons différents surprise de la pluie.
la carte postale que tu n'envoies jamais
la lumière de janvier ou de novembre
la route vue du ciel
l'angoisse dans un bûcher
scènes éparses
rassemblées
le murmure du feuillage au souvenir.
voyager c'est déménager de soi-même
serrer d'autres mains
occulter le silence
répondre aux armes qui saluent.
sourire à la vie qui commence
s'éloigner d'un côté
et se rapprocher de l'autre
le regard enflammé.
Luz Mary Giraldo
la colombie en poêmes November 08 Comment le ciel est devenu grand.C’était il y a longtemps… lorsque les hommes avaient un gros problème ; le ciel était trop bas. Il était si bas qu'il n'y avait pas de place pour les nuages. Il était si bas que les arbres ne pouvaient pas pousser. Il était si bas que les oiseaux ne pouvaient pas voler. S’ils essayaient, ils se heurtaient aux arbres et aux nuages. Mais ce qui était plus pénible encore, c’était que le hommes adultes ne pouvaient pas se tenir debout, bien droits comme leur corps le leur demandait. Ils devaient marcher tout penché, en regardant leurs pieds et ne voyaient pas où ils allaient. Les enfants ne connaissaient pas ce problème. Ils étaient petits, Ils pouvaient se lever aussi droits qu’ils le souhaitaient. Ils ne marchaient pas en regardant leurs pieds et pouvaient voir où ils allaient. Ils savaient par contre qu’un jour, ils deviendraient des adultes et qu'ils devraient marcher tout penchés en regardant leurs pieds à moins que quelque chose ne se passe. Un soir, tous les enfants se sont réunis et ils ont décidé de relever le ciel. Les quelques adultes qui les écoutaient riaient sous cape mais soudain, ils ont vu les enfants lever de longs poteaux vers le ciel. Un, deux, trois, quatre…un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passe. Le ciel reste comme il a toujours été. Les arbres ne peuvent toujours pas grandir. Les oiseaux ne peuvent toujours pas voler. Il n’y a toujours pas de place pour les nuages et les adultes marchent toujours courbés en regardant leurs pieds sans voir où ils vont. Le lendemain, les enfants recommencent avec des poteaux plus longs. Un, deux, trois, quatre…un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passe. Le soir suivant, les enfants qui sont persévérants essayent encore. Ils prennent des poteaux encore plus longs. Un, deux, trois, quatre…un cri énorme retentit - unnn-uhhhhhh. Mais rien ne se passe. Le quatrième soir, ils ont trouvé de très très très longs poteaux, les plus longs qu'ils pouvaient trouver et ils se sont mis à compter : un, deux, trois, quatre…un cri énorme a retentit - unnn-uhhhhhh et le ciel s’est soulevé. Depuis ce jour, le ciel est à sa place. Les arbres peuvent pousser, les oiseaux peuvent voler sans se heurter aux troncs et aux branches. Les nuages ont de la place pour aller et venir et les hommes peuvent se tenir droit en regardant le ciel. Mais le plus extraordinaire c’est que lorsque le soleil s’est couché la nuit suivante et qu’il a commencé à faire sombre, le ciel troué par les poteaux des enfants s’est mis à scintiller. Dans chaque trou, il y avait une étoile. La prochaine fois que vous regarderez le ciel, vous saurez que c’est grâce aux enfants que vous pouvez admirer un tel spectacle. Vous repenserez de cette histoire et vous saurez que c'était vrai.
conte apache
November 02 LE PAPILLONUn homme a trouvé un jour un cocon de chenille et a décidé de l'apporter chez lui. Quelques jours plus tard, une petite ouverture est apparue. L'homme s'est assis et a observé pendant plusieurs heures le papillon se débattre de toutes ses forces afin de sortir de son cocon. Au bout d'un certain temps, le papillon ne bougeait presque plus. Comme s'il avait donné son maximum et qu'il n'avait plus rien à faire. L'homme a décidé alors d'aider le papillon. Il a pris une paire de ciseaux et a coupé le reste du cocon. Le papillon est sorti alors facilement de son cocon, le corps du papillon était enflé et petit, et ses ailes étaient toutes ratatinées. L'homme continuait alors d'observer le papillon et s'attendait à ce qu'il ouvre tout grand ses ailes et commence à voler, rien de cela ne se passait. En fait, le papillon a passé le reste de sa vie à ramper avec son corps enflé et ses ailes déformées. Il n'a jamais été capable de voler. Ce que l'homme avec sa gentillesse et son empressement n'avait pas compris, c'est que la lutte que le papillon devait effectuer pour sortir de son cocon était essentielle à son développement. En luttant ainsi de toutes ses forces, les fluides de son corps se seraient répartis dans ses ailes et, compte tenu du temps qu'il lui fallait pour crever son cocon par lui-même et déployer ses ailes, le papillon aurait été alors en mesure de voler et de se libérer une fois pour toutes de son cocon. Par analogie avec notre existence, les obstacles que la vie met sur notre chemin son exactement ce dont nous avons besoin pour grandir. La lutte qu'on éprouve sur le chemin de la réussite personnelle fait partie intégrante du prix qu'on doit payer pour réaliser notre plein potentiel. Si nous devions passer au travers de la vie sans obstacles, nous serions certainement tout rabougris, comme le papillon de notre histoire. Nous ne serions pas aussi forts que nous pourrions l'être et nous ne pourrions jamais voler, nous non plus, vers l'accomplissement de nos rêves. Patrick Leroux |
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